L'inévitable évaluation
Avec la pratique et l'expérience, ma façon d'appréhender l'évaluation chemine, s'affine, se modifie. Si sa nécessité demeure et se trouve même confortée, les modalités de son application évoluent. Il ne s'agit pas d'évaluer à tout va, mais plutôt de bien savoir ce que l'on évalue et bien sûr dans quelle intention. Beaucoup de parents d'élèves attendent des évaluations notées, en fin de semaine ou de trimestre, dans le cahier de leur enfant. D'autres, au contraire, s'angoissent qu'il y en ait trop. C'est au maitre de bien se situer lui-même et d'expliquer le bien fondé de l'évaluation.
On distingue au moins trois modalités, dans l'évaluation, selon le moment où elle est faite. L'évaluation diagnostique, l'évaluation sommative, l'évaluation formative. Chacune à sa part et son importance. Le danger étant de privilégier l'une par rapport à une autre.
Avant toute séquence d'apprentissage, il est important que l'enseignant sache quel est l'état de connaissance des apprenants, leurs représentations (vraies ou fausses). C'est en fonction de cela qu'il peut valablement construire son cours. C'est là qu'il est nécessaire de faire une évaluation diagnostique.
L'évaluation sommative intervient au terme d'une séquence et vient, en quelque sorte la sanctionner. C'est souvent celle qui nous est courante et visible, puisque qu'elle est notée. Elle permet, de manière relative de s'assurer qu'une leçon est sue. C'est un bilan général dont la portée ne se limite pas à l'apprenant. Elle peut avoir une valeur de classement vis-à-vis de ses pairs, de ses parents, pour l'obtention d'un diplôme, etc.
L'évaluation formative quant à elle s'inscrit tout au long du processus d'apprentissage. À chaque tâche d'apprentissage formant une étape d'une séquence. Elle informe l'enseignant et l'élève de possibles difficultés rencontrées. Cela aide à construire des stratégies pour les résoudre. Cela permet également de dire si l'élève est prêt à passer à la tâche suivante de la séquence.
Avec cette dernière forme d'évaluation, on voit tout de suite que la relation est principalement entre l'apprenant et son formateur, par rapport à un objectif d'apprentissage. Grâce à elle, le cheminement cognitif peut être suivi de manière effective. Cette forme d'évaluation ne demande surtout pas à être sanctionnée par une note. L'erreur même en fait intrinsèquement partie, en tant qu'incontournable indicateur. De plus, comme il y a un questionnement, un dialogue réflexif permanent entre l'élève et son problème, dans lequel peut intervenir l'enseignant (ou même d'autres élèves), on entrevoit le bienfait du travail méta-cognitif.
Hélas, tout ce processus n'est que très peu visible, de l'extérieur. Et si, à la fin d'un trimestre, on rend aux parents un bulletin avec peu de notes, il y a fort à parier que l'on va susciter la perplexité de certains parents si prescripteurs.
Édit. 02.07.2008 : J'ajoute un lien vers un billet de François Guité qui traite aussi de l'évaluation : Pourquoi on devrait abolir les notes

Commentaires
Merci pour cette synthèse ^^
Ce qui serait bien en définitive, c'est que l'évaluation sommative — qui n'est finalement qu'une sanction pour un trimestre, un semestre, le bac ou une licence &c. — que tout ça soit du ressort d'une autre autorité dans l'école que le prof.
Car les notes ne servent qu'à l'orientation finalement, non ?
Ce serait une façon de procéder, en effet. Il faudrait voir comment cela s'intègrerait dans le cursus scolaire et professionnel de l'apprenant.
Mais si les enseignants pouvaient être déchargés de la « corvée » de ces évaluations sommatives (qui en fait se résument à de simples notes), peut-être qu'ils pourraient d'autant mieux se consacrer à celle de la construction d'outils et d'indicateurs efficaces d'évaluation formative. Car si cette dernière a plus de valeur dans l'apprentissage, elle requiert aussi plus d'investissement afin de pleinement jouer son rôle formateur.
Je vois que nous nous comprenons ^^